Articles

La Double énigme (Robert Siodmak, 1946)

Image
  Du réalisateur, les films noirs sont fameux ; Phantom Lady (alias Deux mains la nuit lors de sa sortie sur les écrans français) et sa mystérieuse jeune femme qui disparaît, Pour toi j'ai tué   et ses amants tourmentés, jusqu'à son sommet, Les Tueurs  et sa structure en flash-back (tournée la même année que La double énigme), relativement nouvelle pour l'époque.  La Double énigme commence de but en blanc comme un polar, par sa scène de meurtre dans un noir d'ébène. Les indices convergent extrêmement rapidement vers une jeune femme, aperçue par de nombreux témoins, sans doute possible. Il s'agit d'une femme affable voire très gaie, qui tient un bureau de presse ; mais, aussi vite qu'elle avait progressé, l'enquête marque le pas, lorsque la police rend visite à la jeune femme : les enquêteurs y découvrent sa sœur jumelle. Devant le silence du duo, il apparaît impossible de départager qui de l'une ou de l'autre a commis l'odieux crime. Entr...

Niagara (Henry Hathaway, 1953)

Image
Comme son titre le laisse supposer, le film de Henry Hathaway (connu pour ses westerns et ses films noirs, comme c'est le cas ici ; il a aussi réalisé le superbe Peter Ibbetson ) prend pour décor la rive canadienne des chutes du Niagara, destination privilégiée des jeunes mariés pour leur voyage de noce. C'est justement le cas des Cutler (Jean Peters et Casey Adams), qui découvrent leur voisins, des personnages bien étranges : la sublime Rose Loomis (Marilyn Monroe) et son mari George (Joseph Cotten). Ce couple n'est pas en très bons termes... Joseph Cotten   Ce film en Technicolor utilise diablement bien le décor naturel des chutes, capturant toute leur beauté, mais aussi sa terrifiante violence. Le bruit des chutes s'écrasant sans fin sur les rochers emplir le film, de même que cette bruine subtile qui fait apparaître, comme un tour de magie, des arcs en ciel dans les coins du cadre. Dès la scène d'ouverture, ce mélange de beauté et d'étrangeté saisit le spec...

Le Rayon invisible (Lambert Hillyer, 1936)

Image
Boris Karloff et Bela Lugosi, les deux piliers de l'horreur à la Universal dans les années 1930, se retrouvent pour la troisième fois après Le Chat noir (1934) et Le Corbeau (1935). Cette fois-ci, Le Rayon invisible lorgne vers la science-fiction et l'aventure à tendance horrifique, où l'on retrouve un personnage de scientifique fou, comme Karloff va souvent en incarner par la suite, notamment dans les films Columbia de Nick Grindé, Celui qui avait tué la mort  (1939), L'Homme que j'ai ressuscité  (1940) ou Before I Hang  (1940).  Dans son château des Carpates, le docteur Janos Rukh (Boris Karloff) fait une importante découverte : en poursuivant les rayons solaires jusqu’à la nébuleuse d'Andromède frêce à un télescope et un enregistreur de son invention, il peut avoir une vision de ce qui s'est produit sur Terre il y a des millénaires. D'éminents scientifiques sont reçus dans sa demeure pour assister à une démonstration. Celle-ci prouve qu'une mét...

La Porte du diable (Anthony Mann, 1950)

Image
Quel film atypique que cette production du début de la décennie (le projet a réellement débuté en 1946) : il s'agit d'un des premiers montrant la réalité du traitement des Indiens sur leur propre territoire. Cela explique sûrement pourquoi ce film, en avance sur son temps, est sorti en catimini et a fait un bide aux États-Unis. C'est un autre long-métrage, La Flèche brisée (Delmer Daves), sorti la même année mais commencé plus tard que La Porte du diable , qui aura l'honneur d'être qualifié de premier film pro-Indien. La Porte du diable possède pourtant un puissance de tous les instants, sa réussite artistique est aujourd'hui plus qu'évidente. Lance Poole (Robert Taylor) concentre sur lui les ambiguïtés du statut de l'Indien d'Amérique : alors sur ses terres, il doit s'engager dans l'armée nordiste pour combattre lors de la guerre de Sécession. Revenu décoré, il perd son droit de propriété, les Blancs ayant combattu étant libres de s'in...

Star Trek, le film (Robert Wise, 1979)

Image
Depuis ses débuts dans les années 1960, la production de la saga Star Trek n'a jamais été un long fleuve tranquille. L'histoire de la naissance cinématographique du film, tirée de la série de science-fiction humaniste de Gene Roddenberry, est peut-être plus passionnante que le métrage qui en a résulté. Souhaitant porter la mythologie Star Trek sur grand écran dès le milieu des années 1970, Paramount mise d'abord sur  Star Trek : The God Thing . Roddeberry leur remet le script en juin 1975. Plusieurs scénaristes s'y attellent, dont Robert Silverberg et Ray Bradbury, sans jamais réussir à convaincre le studio. Le temps passe et les acteurs, engagés sur d'autres projets, ne sont plus disponibles. Fin 1976, le réalisateur Philip Kaufman est sur les rangs pour diriger  Star Trek : Planet of the Titans , dans lequel l'équipage du vaisseau Enterprise est opposé à leur ennemis classiques, les Klingons, autour d'un peuple antédiluvien, point d'origine de tous le...

The Thing (John Carpenter, 1982)

Image
Une menace protéiforme, la neige, un groupe uniquement masculin pris au piège d'une station isolée en Antarctique : comme tous les bons films de Big John, l'apparente simplicité du film est aussi sa plus grande force, et un terrain de jeu idéal pour exprimer les tensions nécessaires au déroulement de l'histoire. Film mal-aimé à la postérité tardive, aujourd'hui chef d’œuvre d'une totale évidence : bienvenue dans l'antre de la chose... À vos risques et périls. The Thing s'inscrit, comme toute l’œuvre de John Capenter, dans une tradition cinématographique : ici, d'abord celle de la réinterprétation d'une œuvre déjà adaptée au cinéma. La Chose d'un autre monde , coréalisé en 1951 par Christian Nyby et Howard Hawks, transposait la nouvelle de John W. Campbell, Who Goes There ? , dans le monde contemporain de la guerre froide (et faisait de la chose un être humanoïde, métaphore de la redoutée invasion communiste). Carpenter rend d'ailleurs un hom...

La Tour infernale (John Guillermin, 1974)

Image
  Après L’Aventure du Poséidon , attachons-nous aujourd’hui au sommet du film catastrophe des années 1970. À qui doit-on La Tour infernale , parangon du genre ? Sûrement moins à John Guillermin, son réalisateur -qui signera deux ans plus tard une version honorable de King Kong -, qu’à Irwin Allen, producteur et réalisateur surnommé "le roi des catastrophes" pour son apport au genre au fil des années ; il est d’ailleurs crédité ici de réalisateur des scènes d’actions, ce qui concerne une grande partie des 2h40 du métrage. La carrière de Irwin Allen est jalonnée par les films-catastrophe depuis les années 1950. Déjà à la production de L’Aventure du Poséidon en 1972, il réitère ici en promettant "plus de stars, plus d’action, plus de suspense" -dixit la bande-annonce d’époque. Après l’eau de The Poseidon Adventure , le nouveau danger de La Tour infernale est le feu ! De plus, la fameuse tour est un endroit tout à fait propice à la catastrophe, avec ses difficultés d’a...